Interview de Lierre Keith, ex-vegan et auteure de « Le Mythe Végétarien »

cover_book_Le_Mythe_v_g_tarienC’est avec une certaine émotion que j’ai découvert aujourd’hui Lierre Keith, son message et son livre, que j’ai hâte de lire.
Avec émotion, parce qu’elle développe dans ce livre son expérience qui touche à la fois la santé, l’écologie, l’éthique et la spiritualité, qui reflète mes propres questionnements et prises de conscience de ces 3 dernières années et que j’avais essayé d’exprimer, bien maladroitement, dans un ancien article.

Que le régime végétarien use les ressources du corps et ait un impact négatif sur la santé à long terme, cette ex-vegan n’en doute plus. Mais ce fut pour elle un processus long de plus de 20 ans pour comprendre, accepter et vivre cette réalité. Dans une interview radio qu’elle donnait en 2013, Lierre raconte comment elle a appris, par l’exercice du jardinage, le lien étroit entre la vie et la mort. Et ce qu’elle exprime au travers de son récit est, pour moi, une magnifique façon de se réclamer du vivant, à sa juste place.

L’interview (en anglais) réalisée par la Radio interactive SOTT est disponible intégralement sur cette page. De plus, une retranscription en français est proposée sur la même page et je souhaite en partager un extrait ici :

« Pour en revenir au sol, c’est la base de la vie terrestre, cette chose vivante appelée sol. Et ça a faim et ce que ça veut manger, ce sont des plantes mortes et des animaux morts. Et je ne comprenais pas ça. Je pense que beaucoup d’entre nous considérons le sol comme de la simple saleté insensible, juste une sorte de matière. Ça se trouve simplement là, et ça ne l’est pas. Ça grouille de vie. Donc si vous ne le nourrissez pas, il meurt. Il doit recevoir ce dont il a besoin. C’est ça le sol. Ce sont les cadavres d’animaux et de plantes travaillés par des créatures encore plus petites pour recycler ces nutriments et les rendre à nouveau disponibles dans le cycle global de la vie.

Je me suis alors heurtée à cela quand j’ai essayé de jardiner en tant que végétalienne. La terre voulait vraiment de la farine d’os et de la farine de sang. Elle voulait des parties d’animaux morts. Et c’était vraiment horrifiant pour moi comme cela doit l’être pour un tas de végétariens confrontés à cela. Et certains d’entre eux refusent de le faire et chaque année leur jardin décline de plus en plus. Leurs légumes sont tout petits et chaque année ils sont de plus en plus carencés à essayer de manger cette nourriture qui ne contient pas de minéraux. Ils minent littéralement le sol. Ils extraient les minéraux et ne les remplacent pas.

Donc, c’était un réel problème pour moi et j’ai essayé diverses façons de tourner autour du pot, de contourner le problème dans ma tête. Mais pour finir, j’ai dû simplement l’admettre. Le sol veut du fumier. Et il veut des animaux morts dedans. Et ça a été très difficile.

Et ensuite, l’autre problème était que vous devez tuer pour jardiner. Et je ne voulais pas tuer. Je pensais que je voulais vraiment que ma vie soit possible sans mort. Et ce n’était pas possible. Donc je me racontais une histoire. Et c’était une histoire très jolie mais c’est un conte de fée. Donc, pour que je puisse manger, cela impliquait que toutes ces autres créatures ne puissent pas manger cette nourriture. Donc, nous étions engagées dans une bataille pour cette nourriture. Et ça a particulièrement atteint un stade critique avec les limaces parce que, tous ceux qui jardinent là où il y a de l’eau savent que les limaces dévoreront votre jardin en une nuit. Il ne reste plus rien le lendemain matin. Donc je continuais à replanter et ensuite elles continuaient à remanger. Et on a suivi ce cycle cinq ou six fois et après deux semaines, j’étais très fatiguée de replanter les mêmes têtes de laitues. Et je devais les tuer. C’était moi ou les limaces. Et c’était vraiment horrible parce que je ne pouvais pas me résigner à la faire.

La fin de cette petite histoire, c’est que j’ai fini par me procurer des poules et des canards parce que je me suis dit qu’ils le feraient pour moi. C’est ce qu’ils ont fait et c’était vraiment super. Ensuite j’ai utilisé du fumier. Là, j’avais bouclé la boucle. Je n’avais pas besoin d’acheter d’engrais dérivé de combustible fossile. Je n’avais pas besoin d’acheter de trucs à la coopérative agricole. Ils avaient du fumier mais ça signifiait que ma nourriture dépendait toujours de ces animaux pour tuer d’autres animaux. Il n’y avait pas d’issue, hein ? Je devais affronter le fait que j’avais besoin des animaux et que certains d’entre eux allaient devoir mourir. Et ça a été vraiment éprouvant pour moi de devoir traverser cela. Mais je ne savais pas.

Et c’est ça le truc. Ce n’est pas pour me blâmer. Ce n’est pas pour blâmer qui que ce soit. On ne sait pas. On ne vit pas dans un monde où on nous offre la vérité dès le plus jeune âge. C’est le coût de la vie. Quelque chose d’autre doit mourir. Et vous devez respecter toutes les vies qui vont entrer en vous et le faire bien. Et participer, rendre grâce et être humble à ce sujet car votre tour viendra aussi. Et vous alimenterez le cycle à un moment donné. Et si notre culture reconnaissait cela, eh bien nous ne détruirions pas la planète comme nous le faisons.  »

Bon chemin et bonne santé à tous ! 🙂

 

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