De preuves, aucune…

Les hommes n’ont pas attendu de savoir que le soleil était une étoile de 1 392 684 km de diamètre composée d’hydrogène et d’hélium pour se réchauffer à ses rayons. De la même manière, le vaste univers bactérien qu’abrite notre corps et qui fait notre environnement depuis toujours, n’a pas attendu d’être découvert sous le microscope pour régir un grand nombre de principes de la vie elle-même ; principes que nos ancêtres ont compris de façon empirique (dans les pratiques relevant de l’hygiène, de l’alimentation, de la médecin,…) et avec lesquels ils ont conservé une certaine cohérence grâce aux traditions perpétuées à travers les générations.
Pourtant, à l’heure où l’industrie pharmaceutique est largement décriée pour ces manquements à l’éthique et devant les trop nombreux témoignages écœurés de scientifiques aux prises avec la loi du marché dans un contexte qu’ils souhaiteraient plus ouvert à la recherche indépendante, l’argument massue utilisé à l’encontre des thérapies naturelles anciennes et nouvelles est, encore et toujours, celui de l’absence de preuves scientifiques.

En l’absence de ces « preuves scientifiques » (ou même à défaut d’un soutien suffisant de la communauté scientifique à une nouvelle approche lorsque de telles preuves existent), certains ne voient dans les témoignages positifs disponibles dans les médias qu’un odieux subterfuge d’ampleur planétaire pour « vendre du GAPS » (ou du B.E.D.R.O.K. ou du régime Paléo ou toute autre approche tirant les mêmes conclusions sur l’importance primordiale de l’alimentation). Ainsi donc, les livres édités rassemblant des lettres de familles qui racontent leur expérience positive avec le programme GAPS et qui disent tout le bien qu’ils en pensent, les blogs d’adultes jeunes et moins jeunes qui témoignent de ce que la méthode a changé dans leur vie, les vidéos comme celle de Hunter, jeune garçon de 11 ans, ancien autiste qui raconte aujourd’hui avec ces mots comment était sa vie d’enfant mutique tourmentée par les troubles autistiques… Tout cela donc ne serait qu’une monstrueuse construction marketing !

Je vous le dis sans détour, je doute que toutes ces familles, qui ont fait le pas de partager leur expérience dans l’espoir que cela puisse aider d’autres familles qui traversent les mêmes épreuves, aient quelque chose à vendre.
Pour la simple et bonne raison que cette méthode tient du mode de vie et que, mis à part de bons produits biologiques locaux (et pour ceux qui veulent creuser le sujet, un bouquin très abordable), il n’y a rien à acheter. Il y a à reprendre de bonnes habitudes abandonnées au fil des générations, sans aucun doute. Mais à vendre ? Rien.

Quant aux preuves inexistantes, c’est la pierre d’achoppement qui sépare le paradigme scientifique et celui des méthodes naturelles. Est-ce un fait heureux ou malheureux, je l’ignore. Toujours est-il que faire le test clinique en double aveugle d’une méthode naturelle multifactorielle, c’est-à-dire où beaucoup de substances différentes entre en jeu en même temps dans une alchimie d’informations que seul le corps est capable de traiter, c’est une impossibilité de fait.
Dans ces cas de figure, on est très loin des tests menés sur une seule molécule dont on mesurerait les effets de façon précise. Et de ce fait, bien des solutions proposées par les médecines parallèles échappent totalement au cadre d’appréhension scientifique tel qu’il a été tracé par la communauté scientifique elle-même. Nous voici face à cette médecine scientifique irrémédiablement étrangère aux alternatives qui ne rentrent pas dans sa logique, qui ne s’intègrent pas dans le paradigme dans lequel elle s’est enfermée. Une science condamnée à morceler toujours plus la réalité, à se spécialiser toujours plus en perdant la possibilité de la synthèse.

Bien sûr, comme ce blog, lieu d’expression d’opinions personnelles, l’annonçait dès sa création, chacun est responsable de ses choix de santé. Et je pars dans cette aventure sans a priori qui m’empêcheraient de pouvoir dire dans quelques mois/années que « non, le GAPS, ça ne fonctionne pas pour moi que ce n’est pas aussi bien que ça semblait être au départ ».
Cette liberté de tester une méthode alimentaire des plus inoffensive, qui repose sur les habitudes alimentaires traditionnelles, sur cet invariant de plusieurs cultures millénaires. Et cette liberté de se dire, après expérience personnelle, que « oui c’est merveilleux ça a changer ma vie/la vie de ma famille » ou que « non,ce n’est pas/plus ce qui convient pour moi/nous ». Voilà les libertés que chacun devrait se donner et qu’on ne devrait refuser à personne.

Plus suspecte encore dans le paradigme scientifique, l’intuition n’est pas étrangère à ma démarche. Les idées qui viennent vous cueillir au moment où vous cherchiez dans leur direction sans le savoir… Les rencontres et les découvertes auxquelles nous donnons du sens… Je pense que la majeure partie d’entre nous est capable, à certains moments, de sentir « dans ses tripes » (!) qu’une chose peut être juste par rapport à ce qu’il cherche. C’est aussi sous cet angle-là, sans doute plus « féminin », que j’ai envie d’aborder la découverte du régime GAPS.

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