Céréales killer – Le bannissement [3/3]

Troisième pilier du GAPS, son principe de base pour préserver la flore intestinale : tirer un trait sur les céréales.

Chaque jour, nous avons au moins 3 occasions de choisir notre camp en matière de santé : le camp de la flore bénéfique qui œuvre à maintenir sous contrôle le camp adverse ou celui des pathogènes inondant notre corps de toxines qui se retrouvent dans les organes et jusque dans notre cerveau pour en perturber le fonctionnement.

Les sources de fibres issus des céréales sont très irritantes pour l’intestin et troublent l’équilibre de sa flore. Les céréales et les féculents (y compris les légumes riches en amidon) sont une manne providentielle pour nourrir tous les pathogènes qui se trouvent naturellement dans notre système digestif.
Leur présence devient un problème dès le moment où les attaques que constituent notre environnement et nos choix alimentaires deviennent trop fréquentes pour que l’équilibre très complexe de cet écosystème soit maintenu.

Surviennent alors tous les problèmes d’intoxication au sens large que l’on connait aujourd’hui. La paroi intestinale endommagée laisse passer dans le sang les déchets d’une digestion incomplète, les toxines libérées par les pathogènes qui se nourrissent des céréales et des glucides transformés et celles présentes dans l’alimentation moderne.
Cette inondation du corps par les substances toxiques est à l’origine de l’ensemble des troubles que le Dr Campbell-McBride désigne comme les maladies du syndrome entéropsychologique et entérophysiologique : autisme, maladies autoimmunes, maladies dégénératives, schizophrénie, dépression, hyperactivité, troubles obsessionnels compulsifs et troubles bipolaires, dyslexie et dyspraxie, déficit de l’attention, allergies, eczéma, etc.
Car si actuellement la recherche pose timidement l’hypothèse selon laquelle le microbiote intestinal influence autant l’état de santé que les fonctions cérébrales, et qu’elle a un impact sur des éléments aussi divers que la production d’hormones ou l’état émotionnel de la personne, pour Campbell-McBride, c’est une réalité longtemps éprouvée dans sa pratique clinique.

neurone2Elle rejoint ainsi une liste déjà longue de scientifiques qui ont tiré les mêmes conclusions au sujet des céréales et de leur impact sur la santé.
Il y a tout d’abord les liens de cause à effet observables chez les populations avec une alimentation exempte ou pauvre en céréales qui, au moment où elles changent leurs habitudes alimentaires pour un régime plus riche en céréales, voient apparaître des maladies physiques ou psychologiques inconnues jusqu’alors dans le pays ou la communauté comme la schizophrénie dans les régions du Pacifique Sud, la maladie coeliaque en Irlande ou encore l’autisme dans la communauté somalienne immigrée, comme l’illustrait la vidéo postée précédemment.
D’autre part, chez les personnes dont le système digestif est déficient, des substances comme le gluten ou la caséine (protéine du lait) sont mal digérées au point d’être transformée respectivement en gluteomorphine et casomorphine, des opiacés qui se rapprochent de la morphine ou de l’héroïne dans leur structure chimique.

Sur base de ces observations, il existe déjà un certain nombre de régimes et de corrections alimentaires qui proposent de traiter ou au moins d’atténuer des maladies comme l’autisme, la maladie de Crohn, la candidose, etc.
Dr Campbell-McBride souligne le fait que, malheureusement, ces méthodes visent toujours une (ou deux) substance seule et laissent libre champ à toutes les autres. Or, dans cet écosystème bactérien, tout est lié et l’accumulation des facteurs pèse particulièrement sur la manifestation de tous ces troubles. Si on choisit de supprimer le gluten seul, il reste une foule d’autres substances qui vont provoquer des dégâts.
Je reprendrai rapidement un sujet déjà évoqué qui m’a concernée personnellement et pour lequel j’avais déjà entièrement changé mon alimentation par le passé. Dans son chapitre consacré au régime « anti-candida », Campbell explique que si ce régime affame effectivement certains pathogènes responsables en supprimant les sucres, le fait qu’il repose largement sur la consommation de céréales, en particulier de riz, ne permet par contre aucun répit aux intestins encore incapables de digérer des glucides complexes comme les céréales et les féculents. Ce sont donc d’autres vilaines bestioles qui vont absorber les glucides non digérés et entretenir la détérioration toujours plus prononcée de la paroi intestinale causée directement par les toxines qu’ils libèrent en se nourrissant des déchets de la digestion.

C’est pourquoi, pour éviter ce cercle vicieux, le régime GAPS élimine toutes les substances nocives pendant un certain temps pour donner une vraie chance de guérison au corps.
Pour remplacer les céréales et les farines, on utilise des noix moulues (amandes, cajou, coco, etc.) qui font office de farine pour préparer du pain, des biscuits, des crêpes et d’autres pâtisseries. Bien évidemment, ces préparation font partie du régime global et sont introduites seulement à la fin du régime d’introduction ! En théorie seulement… Car nous sommes tous tellement accro au sucre, qu’en général, le premier réflex c’est de sauter directement à la section des « desserts autorisés » avant de s’être intéressé au plus important : l’état de notre système digestif.
Mais une fois cette faiblesse passagère derrière soi, on peut aborder plus sereinement le régime préliminaire, assuré de retrouver plus tard dans le régime global tout ce qu’il faut pour se régaler !

Cet article est le 3e d’une série qui présentent les trois « piliers » du régime GAPS.
Accéder à la partie 1 ici.
Accéder à la partie 2 ici.

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