Die-off zone

Histoire familiale sans doute, mais j’ai été conditionnée à penser que « mon foie » ne pouvait pas digérer la nourriture trop grasse. Et pourtant, guidée par la vague intuition que c’était peut-être plus les combinaisons d’aliments présentes dans les plats très riches qui les rendaient difficiles à digérer pour un foie en mauvais état comme le mien, j’ai tout de même voulu tenter le GAPS et aborder ce nouveau continent alimentaire baignant dans un océan de gras !

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Avec précaution cependant…
Car je savais que l’un des pièges auxquels il faut s’attendre, c’est la très troublante réaction naturelle du corps lorsqu’il commence à retrouver de l’énergie pour éliminer les toxines : la réaction de die-off (aussi connue sous le nom de réaction de Herxheimer). Je parle de piège parce que cette réaction est provoquée par la mort des pathogènes qui libère une dernière fois leur charge toxique et par conséquent, les symptômes s’aggravent légèrement ; ce qui peut donner l’impression qu’on se « rend malade » alors même que c’est le processus naturel de nettoyage nécessaire à la guérison qui se met en marche.
Or, quand on découvre le GAPS et ses premiers effets, il est parfois difficile de faire la distinction entre une réaction positive des défenses du corps -qui occasionne temporairement un état désagréable- et une véritable réaction de rejet de tel ou tel aliment. Je ne parle pas ici d’allergies graves et avérées qu’il faut bien se garder de provoquer mais plutôt de réactions diffuses difficiles à identifier.

C’est une dizaine de jours après avoir commencé le régime GAPS global (il est souvent conseillé de prendre ses marques avec le GAPS en commençant par le régime global avant d’entamer la véritable phase d’introduction, ne serait-ce que pour se familiariser avec certaines façons de préparer les aliments et pour constituer un stock suffisant de produits qui sont ensuite consommés en quantité dans la phase d’introduction) que j’ai commencé à en sentir ses « bons mauvais effets ».
Je me trouvais tout à coup ramenée vingt ans en arrière lorsque je consommais toutes sortes d’aliments mauvais pour moi sans trop faire le lien avec mon état général : teint blême, peau sèche et marquée, langue chargée, lancement au niveau des oreilles, grande fatigue, frissons après les repas, etc.
C’est probablement un inconvénient du régime global. Tout change en même temps et il est plus difficile de cerner ce à quoi on réagit.

Alors, pour dénouer cet embrouillamini de réactions de toutes sortes, il ne reste à ce moment-là que les cinq sens.
Par exemple, lorsque j’ai préparé pour la première fois un bouillon de bœuf, la graisse contenue dans ce bouillon m’a totalement révulsée alors que c’était un régal avec le bouillon de poulet. En dérogeant à la règle et en dégraissant ce bouillon qui visiblement était encore trop fort pour moi, j’ai pu en boire à nouveau avec plaisir. Je garde encore l’habitude de dégraisser au moins partiellement mes bouillons de bœuf et j’espère pouvoir me passer de cette opération petit à petit pour en retirer tous les bienfaits.
J’ai connu jusqu’ici un autre passage de dégoût catégorique, avec les œufs qui doivent être introduits en grande quantité au début. C’était d’abord un plaisir puis j’ai fini par en avoir des nausées vraiment très marquées. J’ai décidé de stopper net pour un temps et la fameuse langue chargée a disparu.

J’ai accepté le reste des symptômes comme une première des manifestations nécessaires liées au processus de détoxification du corps, processus sans lequel il ne peut absolument pas guérir. Et effectivement quelques jours après, ça s’est calmé. Bien entendu, cette réaction apparaîtra encore à de nombreuses étapes du traitement. Au sein de la communauté GAPS anglophone c’est d’ailleurs une plaisanterie qui circule : quand on entame ce régime, on se réjouit à chaque fois des signes toxiques qui autrefois nous auraient fait courir chez le médecin !
Évidemment, la médecine scientifique moderne s’est éloignée de plus en plus de cette réalité et a aujourd’hui tendance à vouloir supprimer tous les états désagréables sans aucune considération de l’effet positif que cela peut traduire dans le corps. Dans notre société, nous ne sommes absolument pas habitués à accueillir tel ou tel symptôme comme un signe de guérison. C’est pourtant une chose importante à réapprendre.

Actuellement je consomme les oeufs cuits en préparation. Dans le régime d’introduction, il sont surtout consommés au plat ou à la coque pour conserver le jaune liquide donc assimilable directement par l’organisme qui y puise des tas d’éléments indispensables à la création de nouvelles cellules. Heureusement les graisses animales en fournissent aussi donc je compense en mangeant plus du reste.
Ce qui me ramène au début de cet article. Je constate avec plaisir que je suis donc capable d’engouffrer des quantités de beurre (cru) et de graisses animales sans sentir d’inconfort au niveau du foie ! Des quantités qui se seraient révélées ingérables si je les consommais de façon conventionnelle, associées avec du pain et des féculents de toutes sortes ou accompagné d’aliments transformés.

Cependant il y a quelques trucs pour atténuer un peu les effets d’un tel changement au niveau alimentaire.

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3 réflexions sur “Die-off zone

  1. Peut-être que si la graisse de boeuf vous révulsait, ce n’était pas directement à cause de la nature de la graisse en elle-même mais peut-être à cause d’éventuels polluants qu’elle renfermait. En effet les polluants chez les animaux et chez l’Homme sont en général stockés dans les graisses. De plus, comme le boeuf vit longtemps et qu’on est dans une logique d’élevage intensive, il y a de fortes chances que celui-ci ait accumulé beaucoup de polluants dans sa graisse, et peut-être était-ce ces polluants qui vous révulsaient.
    Je sais par exemple que les petits poissons contient beaucoup moins de métaux lourds que les grands. Donc je suppose que pour les animaux d’élevage terrestres, on retrouve moins de « saleté » dans les petits animaux que dans les grands.

    • Même remarque pour les oeufs. Vous ne précisez pas s’ils sont bio ou pas. Et même parmi des oeufs bio, selon l’élevage où ils viennent ce ne sera pas la même chose. Je crois que la règlementation bio impose pour les poules une alimentation au minimum bio à 95%, et en plus, composé au minimum de 65% de céréales !! Oui vous avez bien lu, 65% DE CEREALES ! Alors que d’après ce qu’on m’a dit, une poule à l’état naturel préfère manger des asticots, des vers en grattant la terre, les légumes je sais pas mais peut-être un minimum de plantes, et seulement en dernier recours manger des grains, donc des céréales.

      • En fait si, c’est précisé en remarque préliminaire au régime GAPS (c’est repris sous l’onglet « Régime GAPS »). 🙂
        Toute la nourriture consommée dans le cadre du programme GAPS est uniquement biologique car le but poursuivi est d’éliminer les sources de toxicité dans le corps.
        Pour les gros poissons qui concentrent la plus forte quantité de polluants, c’est dû au fait que les petits poissons sont mangés par de plus gros et ainsi de suite jusqu’aux poissons les plus grands qui sont effectivement les plus contaminés. Pour nos grands ruminants, c’est un peu différent.

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