La grande réconciliation

Pour moi, le travail du Dr Campbell-McBride, c’est avant tout un formidable message de santé. C’est retourner à la base. Comprendre, en profondeur, la cause des causes de nos maux.

Mais mon plus grand plaisir c’est de pouvoir me réconcilier avec toutes une série d’aliments que j’avais étiquetés comme nocifs pour moi (et à la fois terriblement attirants !) et dont j’avais fait le deuil avec plus ou moins de frustration.
Pour ce qui est de la nourriture transformée industriellement, il n’y a aucune équivoque. Consommer à nouveau un produit de ce genre s’accompagnait de signaux physiques assez clairs pour que je sache pourquoi je n’en mangeais plus ! Une fois que l’on a expérimenté ça et suffisamment fait le lien consciemment, l’envie disparaît presque naturellement.
Non, ce qui semait le trouble, c’était ce divorce forcé d’avec les traditions culinaires, la cuisine de terroir, les savoir-faire transmis de mère en fille. Par exemple, la quasi-totalité des desserts et pâtisseries, même préparés avec les produits les meilleurs, les plus sains, les plus naturels, restaient inaccessibles pour moi puisqu’ils contiennent lactose, gluten, sucres raffinés, etc. Ne parlons même pas d’envisager la cuisine française sans beurre ! Sans crème !

En écoutant Natasha, on se rend compte que la majeure partie des aliments sur lesquels nos ancêtres ont fondé leurs habitudes de table, ont toujours été et seront toujours providentiels pour nous et notre corps !
A une seule condition : revenir à l’usage de ces produits à l’état naturel, non transformés chimiquement, non altérés, non pollués. Juste tels que la nature nous les offre.
Parce que -pour paraphraser Arthur et sa tarte aux fraises- le lait, quand on lui fout la paix, il est consommable !
Sain et généreux. Bien plus assimilable.
Tandis que lorsqu’il est pasteurisé, il est en partie détruit et les protéines du lait sont transformées par les fortes températures. Le lait subit aussi d’autres traitements chimiques qui le dénaturent encore davantage. Alors, nous sommes de plus en plus nombreux à avoir des allergies.
En résumé, ce ne sont pas ces produits en tant que tels qui sont mauvais mais bien la façon dont ils sont distribuées et consommés aujourd’hui.
Il est vrai que les céréales contenant du gluten (le blé en particulier), de par la sélection des plants les plus résistants au fil des siècles, sont devenues à chaque fois un peu moins comestibles (plus la graine est résistante aux attaques extérieures, plus elle donne de travail à l’organisme pour tenter de la digérer). Je ne pense pas que l’on puisse faire machine arrière si ce n’est en revenant à certaines variétés anciennes moins coriaces. Cependant, comme le régime GAPS nous le montre, les céréales sont de redoutables alliés des bactéries pathogènes et elles ne sont sans doute pas à regretter.
Mais quelle formidable perspective de se dire qu’une fois l’équilibre de la flore intestinale durablement rétabli, les produits auparavant sensibles ou carrément interdits peuvent être réapprivoisés et redécouverts différemment ! Et, si on se montre raisonnable, sans même risquer d’entraîner des conséquences sur notre santé. Car l’objectif est de rétablir suffisamment la population des bactéries amies pour qu’elles sachent faire face efficacement au contenu de nos repas.

Ainsi, cette aventure culinaire et santé m’a déjà permis de réapprendre à préparer des tas de choses que nous avons pris trop l’habitude de consommer toutes faites, conditionnées, prêtes à l’emploi… Redécouvrir les parfums des bouillons (pas en cubes, les vrais !) et des plats qui mijotent pendant des heures, par exemple. Renouer avec cette manière de cuisiner, pour moi, c’est déjà un ravissement.
Et on comprend aisément que si ce sont de grands classiques que les gens ont cuisiné pendant des siècles, ce n’est pas par hasard ! C’est délicieux et, pour la santé, c’est un vrai trésor oublié.
Mais il y a aussi les véritables découvertes. Celle des denrées et des méthodes anciennes, immémorielles, développées par nos ancêtres qui n’avaient aucune utilité d’un frigo ou d’un congélateur pour conserver leurs réserves de nourriture au fil des saisons. Méthodes traditionnelles qui, de plus, ne se contentaient pas de garder la nourriture au frais pour quelques jours mais permettaient de la rendre encore plus riche en nutriments. Des techniques que nous avons presqu’entièrement oubliées.

La fermentation. Un pilier du régime GAPS. Et une perspective pas très appétissante pour moi, je l’avoue. Mais voilà environ un mois que je me suis lancée dans l’aventure et, sans avoir encore expérimenté la fermentation, j’ai observé qu’au fil du temps, certains aliments (ou certaines parties de la viande, notamment) qui m’inspiraient du dégoût au départ, finissent par être moins rebutants voire mieux que ça !
Je ne suis pas végétarienne mais j’ai toujours été particulièrement difficile avec la viande et, aujourd’hui, il n’est pas rare que je me surprenne à goûter des morceaux de viande -en filtrant un bouillon par exemple- que j’aurais repoussés du bout de la fourchette si je les avaient trouvés dans mon assiette quelques mois plus tôt. Plus surprenant encore, je leur découvre une saveur qui me plait. C’est comme si, à un certain moment, quelque chose se met en place et c’est le corps qui guide, en disant : « Ce que je vois là, j’en ai besoin. Je le mange et je trouve ça bon ! ». Dr Campbell rappelle avec humour que nous ne sommes qu’une coquille qui sert à abriter tous les micro-organismes qui vivent dans notre corps et le maintiennent en bonne santé. Dans ces moments-là, je comprends mieux ce dont elle parle. Voilà pourquoi je ne me fie plus tellement à mes a priori.
Très certainement, les légumes fermentés seront à apprivoiser de la même manière. A apprivoiser au niveau du goût (en tout cas pour moi qui ne suis pas attirée par les saveurs amères et qui ai toujours détesté la choucroute) mais aussi au niveau de la technique à maîtriser. J’imagine que dans certaines régions ou certaines familles, la fermentation est encore un peu présente dans les habitudes, ne serait-ce que chez ceux qui aiment faire leur choucroute maison. Mais pour moi c’est un univers totalement inconnu encore à découvrir.

Si je parle de réconciliation c’est aussi parce que -au-delà de l’héritage culinaire qui peut avoir un côté un peu magique quand on redécouvre une recette authentique- revenir à des nourritures vivantes et bénéfiques en s’inspirant des cultures traditionnelles c’est pouvoir s’appuyer sur une force qui relie à la terre. Revenir à une alimentation saine et la moins dénaturée possible c’est bon pour soi et c’est aussi bon pour la planète. Qui pourrait ne pas se réjouir d’apprendre des techniques qui rendent un peu d’indépendant par rapport au gaspillage d’énergie moderne, qui ne nécessitent pas d’électricité pour conserver les aliments et même les enrichir de précieuses forces vives dont notre corps a besoin chaque jour ?

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